mardi 27 septembre 2011

Une mêlée pas si Pacifique que ça

L'image du jour : au coeur de la mêlée

Lors des Coupes du monde précédentes, les équipes du Pacifique (Fidji, Tonga, Samoa) étaient régulièrement compétitives, mais devaient souvent s’incliner face à des équipes plus affûtées sur le plan tactique (combien de fois ont-elles perdu des matchs pour avoir joué des pénalités à la main alors que les 3 points semblaient être une évidence ? combien de fois ont-elles encaissé des essais pour avoir négligé une touche ou une mêlée ?). Les équipes du Pacifique ont toujours du mal à s'imposer face aux grosses équipes des Six Nations ou des Tri Nations, mais elles sont sur la bonne voie me semble-t-il.

Cette année, on reproche aux joueurs Samoans (et à un degré moindre, aux Fidjiens) d’avoir perdu leur flair. Certes, ils sont moins spectaculaires qu’auparavant, mais ils arrivent désormais à allier leur agressivité légendaire avec une rigueur et une approche tactique qu’on ne leur connaissait pas. Ils sont définitivement sur la bonne voie – une fois qu’ils auront confiance en leur potentiel sur les phases de conquête, je pense qu’ils pourront laisser leur flair s’exprimer. Pour l’instant, ils jouent « appliqués » et non pas « libérés ». Un peu comme l’équipe de France quoi. Dès lors, ils seront difficiles à stopper !

Le match entre Samoa et Fidji, auquel j’ai assisté dimanche après-midi, représente le meilleur exemple de l’évolution de leur jeu.

J’ai pu lire dans la presse que c’était l’un des matchs les plus ennuyeux de la Coupe du monde jusque là. Certainement que le match ne répondaient pas aux attentes des journalistes en matière de jeu – si on voulait voir une partie de Beach Rugby, c’est clair qu’il ne fallait pas se rendre à l’Eden Park ce dimanche !

Et pourtant, quel match ! Un match qui, soit dit en passant, se jouait à guichets fermés. Je me suis régalé pendant 80 minutes. Disons que ça ne plaisante pas entre « cousins » du Pacifique, malgré l’atmosphère carnavalesque qui régnait dans l’enceinte de l’Eden Park ! Un combat d’une intensité sans pareille, des plaquages destructeurs, des coups de pied de déplacement astucieux, des passes au cordeau et des percussions monstrueuses ! Que demander de plus ?

Symbole de ce renouveau, la mêlée. Alors que par le passé, il semblait que les joueurs du Pacifique redoutaient cette épreuve – comme si c’était un piège tendu par les Européens exprès pour ralentir le jeu – j’ai l’impression qu’ils adorent ça désormais.

J’étais aux premières loges – une erreur informatique m’a permis de bénéficier d’une place mieux placée que celle que j’avais payée. Bref, sur mon siège, j’étais vraiment au cœur de la mêlée ! Chaque mêlée était engagée, tactique, brutale. A en juger par le bruit terrifiant des impacts sur les entrées en mêlée, je peux vous dire que ce n’était pas des mêlées simulées !

Pour en revenir sur l’ambiance dans le stade, c’était absolument magique. C’est comme si tout Auckland Sud (où vivent en grande partie les communautés du Pacifique) s’était réuni pour faire une fête géante ! De nombreux supporters étaient déguisés ; ils dansaient et chantaient quelque soit le score (chapeau bas aux supporters fidjiens, qui malgré une défaite qui les élimine de la Coupe du monde, ont gardé le sourire jusque bien après le coup de sifflet final).

Dans cet article, je fais principalement référence au Fidji et au Samoa car je viens tout juste de les voir, mais il en va de même pour le Tonga, le prochain adversaire des Bleus. J’ai vu tous les matchs du Tonga jusqu’à présent : Nouvelle-Zélande-Tonga et Japon-Tonga au stade, et Canada-Tonga à la télé. D’après ce que je lis dans les journaux, ils y croient encore. Il leur reste une chance minime de se qualifier, et ils vont jouer le coup à fond (pour se qualifier, ils doivent battre l’équipe de France en marquant un point de bonus offensif et en empêchant les Français d’inscrire un point de bonus). Ça paraît compliqué pour eux, mais ce sont de redoutables guerriers qui ne partent pas battus d’avance !

Le Tonga, c’est aussi une très belle équipe de rugby : en 2e mi-temps, ils ont fait jeu égal avec les All Blacks. Ils ont perdu contre le Canada, mais c’est peut-être dû à une erreur stratégique (ils ont voulu aligner leur meilleure équipe face aux All Blacks pour le match d’ouverture, et du coup, ils ont dû mettre une équipe B face au Canada, sachant qu’ils n’avaient que 4 jours de récupération entre les deux matchs). Contre le Japon, ils ont sorti un match admirable, trouvant le juste équilibre entre engagement physique et maîtrise tactique. Ce match face au Tonga me fait peur depuis l’annonce des poules, et si je suis rassuré maintenant, c’est principalement dû au fait que le Tonga n’a pas pu marquer le point de bonus offensif face aux Japonais ! Car sinon, une simple victoire de ces foudroyants Tonga boys contre nos Bleus apathiques leur aurait suffi pour se qualifier…

dimanche 25 septembre 2011

La Grande Messe Noire

L'image du jour : The French Frog is dead. Va-t-elle ressusciter ?


Tana Umaga expliquait dans les colonnes du New Zealand Herald qu’à Toulon, certaines personnes allaient à l’église pour leur religion, d’autres allaient au Stade Mayol. Je dirais qu’à Auckland, les gens vont à l’Eden Park pour leur religion.

Catholiques, bouddhistes ou musulmans, tous se retrouvent dans le Temple du rugby pour communier.

C’est un véritable pèlerinage pour se rendre à l’Eden Park. Une marche de 4,5 kilomètres, à travers Queen street, le Myers Park, le vibrant quartier de K’road, puis la Great North road dans le quartier de Newton avant de finir dans le quartier résidentiel du Mont Eden. Certes, on peut prendre les transports en commun – de nombreux bus et trains gratuits sont en service les jours de match – mais ici, les supporters ont la Foi.

Nous étions ainsi des dizaines de milliers à effectuer ce pèlerinage. La municipalité d’Auckland a baptisé ce parcours « The Fan Trail ». Le chemin est parsemé d’animations en tout genre, d’expositions artistiques, de stands à hot dogs, de toilettes, de boutiques à souvenirs, etc.

Et puis, surtout, il y a des bars tout le long du chemin. Les premières bières étaient descendues en bas de Queen street ; la Marseillaise retentissait déjà. Dans les bars de K’road, les supporters s’époumonaient sur des chansons paillardes ; enfin, arrivés sur Great North road, le brouhaha était tel qu’on ne savait plus très bien s’il s’agissait de chansons ou de discussions ! Toujours est-il que dans les bars, les supporters français n’étaient pas en infériorité numérique et ont même fait jeu égal avec les Néo-Zélandais.


Enfin, nous avons atteint le Temple. Quand Richie McCaw, le Dieu du rugby en Nouvelle-Zélande, a foulé en premier la pelouse mythique de l’Eden Park, tout le stade a frissonné – chaleureux moment de communion à l’Eden Park pour la grande fête du rugby.

Seulement, les évènements ont pris une tournure tragique. Piri Weepu a lancé le Kapa o Pango et on a tous compris que ce serait une messe noire à laquelle on allait assister.

La suite ? Un long chemin de croix. Points de miracle de ce côté-ci de l’Equateur ! Et pourtant, Szarzewski a vu la Vierge Marie et toutes les constellations de l’hémisphère sud suite à un plaquage appuyé.

Les Français n’ont pas trouvé les clés de la boîte à magie dans le Temple du rugby. Si magie il y avait, c’était de la magie noire. Les chants français se sont tus au bout de 20 minutes. Le temps aux All Blacks de mettre en route la machine. Ils ont enfoncé les clous, où il fallait, quand il fallait. Perforation de Nonu, magnifiques relais de Carter et Dagg, essai de Thompson. Quelques instants plus tard, c’est Cory Jane qui trouvait la Terre Promise après avoir déchiré le rideau défensif français. Juste après, Carter s’amusait dans le camp des Bleus pour offrir un essai à Dagg. Implacable. 19 à 0 après 25 minutes, 3 essais en dix minutes – la messe était dite. Précision chirurgicale. 19-3 à la mi-temps. Un calvaire. Et pourtant, face au récital des Blacks, les Français ne sont pas restés les bras en croix : Médard partait se confesser pour plaquage manqué, Traille allumait gracieusement des chandelles, Dusautoir se sacrifiait sur chaque avancée de McCaw, Yachvili faisait le martyr sur un coup de coude de Kaino – ce même Yachvili allait ensuite faire la quête auprès de l’arbitre pour trois petits points – et Clerc, isolé sur son aile, faisait l’aumône pour avoir des ballons. Le problème, c’est que les Blacks étaient des plus sérieux lorsqu’ils mimaient un signe d’égorgement à la fin du Kapa o Pango. Les Français ont couru comme des coqs sans tête pendant 80 minutes et les All Blacks n’ont eu aucun mal à s’emparer de la tête de la Poule A.

On dit que les All Blacks, tout vêtus de noir, portent le deuil de leur adversaire. Cela n’a jamais été aussi vrai. Charitables, les Néo-Zélandais ont tout de même concédé 14 points aux Bleus (parés de blanc pour l’occasion) en seconde période. Néanmoins, il n’a pas fallu attendre le coup de sifflet final pour savoir que la grenouille était morte. Enterrée avec le ballon dans un dernier ruck. 37-17, score final. Les funérailles sont prévues pour le quart de finale face à l’Angleterre. La grenouille va-t-elle renaître de ses cendres d’ici les phases finales ? Prions !

samedi 24 septembre 2011

Faut pas croire que ce sont des moutons qui vont jouer



Admettons que Peter Bills ait raison ; que le XV de France qui va pénétrer dans l’enceinte de l’Eden Park ce soir soit bien notre équipe B.

Après tout, Peter Bills est un journaliste professionnel, loin de moi l’idée de remettre en cause ses compétences en la matière ! D’ailleurs, il est sacrément bien informé ce Peter Bills, car personne en France ne saurait dire sans se tromper quelle est notre équipe A (on ne sait même pas si Lièvremont le sait).

Bref, quand une équipe B compte, parmi ses quinze titulaires :

- Le capitaine de l’équipe de France (T. Dusautoir) ;

- Le précédent capitaine de l’équipe de France (L. Nallet) ;

- Le capitaine par intérim de l’équipe de France (A. Rougerie) ;

- Le 7e joueur le plus capé de l’histoire du rugby français (D. Traille, 87 sélections) ;

- Le meilleur marqueur français de l’histoire en coupe du monde (V. Clerc, 9 essais) ;

- Deux des dix meilleurs buteurs de cette coupe du monde (D. Yachvili et M. Parra) ;

- Le meilleur joueur du dernier match France-Canada (L. Picamoles) ;

- Les deux joueurs français les plus doués de leur génération (M. Mermoz et M. Médard) ;

- Quant aux cinq joueurs non cités plus haut (L. Ducalcon, D. Swarzewski, JB. Poux, P. Papé et J. Bonnaire), ils ont tous participé au Grand Chelem 2010 ! Bonnaire ayant d’ailleurs été titulaire à 3 reprises, et Papé deux fois.

- En fait, onze joueurs ayant participé au Grand Chelem 2010 vont se retrouver dans le XV de départ (L. Ducalcon, D. Swarzewski, JB. Poux, P. Papé, L. Nallet, J. Bonnaire, T. Dusautoir, D. Yachvili, M. Parra, A. Rougerie et V. Clerc).

Je pense qu’on peut dire sans exagérer que c’est une équipe B qui a quand même de la gueule. Une équipe qui « tient la route », comme l’a décrite Graham Henry, le sélectionneur des All Blacks. En gros, les All Blacks ne vont pas tomber sur un troupeau de moutons, et d'ailleurs ils le savent très bien. Allez, amenez-nous les All Blacks !

Lu dans la presse : il faut se méfier des Français !

Après Buck Shelford (l’ancien n°8 des All Blacks) et Tony Marsh hier, c’est au tour de Tana Umaga de s’exprimer dans la presse pour dire à quel point les Français seront dangereux ce soir ! Umaga, qui connaît bien la France pour avoir passé plusieurs saisons à Toulon, dit que les Français jouent avec beaucoup de fierté et de passion, et qu’ils seront fidèles au vieil adage « pas de mêlée, pas de victoire ». Umaga s’attend donc à un combat féroce en mêlée, et les All blacks devront être à la hauteur dans ce secteur de jeu s’ils veulent remporter le match.

Par ailleurs, un grand article a été fait dans le New Zealand Herald au sujet de Louis Picamoles. D’après le journal, il sera l’un des joueurs français à surveiller de très près ce soir – les All Blacks devront empêcher Picamoles de gagner les petits centimètres qui font la différence. Son gabarit (1m92, 120 kg) a impressionné Wynne Gray, le journaliste néo-zélandais auteur de l’article, qui pourtant voit régulièrement de belles bêtes lorsqu’il interviewe les All Blacks !

A propos de bêtes, ici, en Nouvelle-Zélande, ils ont une vache qu’ils appellent Richie McCow, et qui prédit le sort des All Blacks. Tout simplement, ils mettent deux bouteilles de lait devant McCow, l’une aux couleurs des All Blacks, et l’autre aux couleurs de l’adversaire. McCow ne se trompe jamais – en tout cas, jusqu’à présent, elle avait pronostiqué les deux premières victoires des Blacks, face au Tonga et au Japon (facile me direz-vous – oui, mais ça reste une vache !). Et là, elle a choisi la bouteille de lait aux couleurs de la France !

Si vous croyez en McCow, il faut donc croire en une victoire des Bleus ce soir !

vendredi 23 septembre 2011

Retour à Auckland



Après avoir sillonné en long, en large et en travers l’île du Nord pendant une douzaine de jours (New Plymouth, Wellington, Hamilton, Napier, Rotorua et Whangarei), je viens de retrouver Auckland et sa Sky Tower. C’est ici même qu’auront li
eu les deux dernières rencontres auxquelles je vais assister avant de rentrer en France : Nouvelle Zélande-France demain, et Fidji-Samoa dimanche. Deux affiches qui promettent !

Si le match entre Fidjiens et Samoans ne devrait pas manquer de saveurs, c’est bien entendu le choc des Titans entre All Blacks et Français qui alimente toutes les conversations ! Dans les rues d’Auckland, la tension est palpable. Les gens ne parlent que de ça ! De la caissière philippine du supermarché au serveur allemand d’un bar sur le port, chacun a son avis sur le match et a hâte que ces deux équipes s’affrontent !

Le XV de France face au Grand Mur Noir

Si la cérémonie d’ouverture s’est déroulée le 9 septembre, j’ai le sentiment que le premier véritable feu d’artifice est prévu pour demain sur la pelouse sacrée de l’Eden Park !

La France va peut-être prendre une déculottée monumentale, mais on y croit, parce que c’est ça la beauté du sport, tous les espoirs et tous les rêves sont permis jusqu’au coup de sifflet final !

Le XV de France, qui n’a guère brillé ces derniers temps et s’est plutôt fait remarquer par l’absence d’un quelconque fonds de jeu, va nous offrir un spectacle remarquable demain soir. Face aux Seigneurs du jeu que sont les Richie McCaw, Dan Carter, Ma’a Nonu, Keven Mealamu, Brad Thorn et consorts, nos petits coqs français vont se transcender ! On perdra la rencontre, certainement, mais on a les moyens de (re-)conquérir les cœurs de tous les supporters.

Car c’est à travers des rencontres comme celle-ci que le rugby français a bâti sa légende. Dos au mur, condamné d’avance par la presse et le public, le XV de France est parfois capable de coups d’éclats que personne ne saurait analyser. Les époques passent, les joueurs changent et le jeu évolue, mais la France a toujours conservé cette petite part de magie qui peut rendre son jeu éblouissant. L’autre jour, je disais à un supporter japonais avant le match Nouvelle Zélande-Japon que j’appréciais beaucoup l’équipe du Japon, insistant sur le fait que c’était une équipe qui jouait avec beaucoup de cœur, beaucoup de passion et qui proposait un rugby très agréable à regarder. Le Japonais s’est incliné plusieurs fois, et m’a remercié des dizaines de fois. J’ai dit au Japonais « pas la peine de me remercier, je dis juste ce que tout le monde pense ». Le Japonais m’a dit : « mais provenant d’un Français, vous qui avez une si grande équipe, c’est très touchant ». Ce à quoi j’ai répondu : « On n’est pas si grand que ça ; on n’a jamais gagné de Coupe du monde ». Et le japonais a déclaré : « mais la France, c’est le rugby Champagne !! La France, c’est la beauté du jeu !! ».

En sortant un match merveilleux demain soir, le XV de France peut nourrir cette vision romantique du rugby, chasser ses doutes les plus tenaces et effacer de la mémoire collective les contre-performances de ces douze derniers mois. Le XV de France peut le faire ! Pourvu qu’il soit solide sur ses bases et qu’il retrouve les clés de la boîte à magie. J’espère, je rêve.

Lu dans la presse : McCaw dans la légende


Samedi soir, contre l’équipe de France, Richie McCaw va devenir le premier joueur de la très riche histoire des All Blacks à atteindre le cap des 100 sélections.

Ainsi, tous les journaux consacrent de nombreux articles au sujet de l’emblématique capitaine des All Blacks, reléguant quasiment au second plan l’analyse des clés du succès contre l’équipe de France. Dans l’édition du New Zealand Herald de vendredi, on pouvait trouver un poster géant célébrant les 100 caps du grand Richie.

Insolite : les banques néo-zélandaises sortent le grand jeu

Pour saisir l’engouement que suscite cette Coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande, il suffit d’entrer dans n’importe quelle banque.

Prenons ici le cas de la branche de la banque ANZ en bas de Queen street. Tout est fait pour mettre à l’aise les supporters – ici, ils ne rateront pas une miette de l’action !

Dès qu’on entre, on peut voir un tableau, mis à jour régulièrement, qui récapitule tous les scores de tous les matchs disputés jusque là.

Pour patienter lors de la file d’attente, on peut regarder un écran de télévision qui retransmet les matchs en direct et rediffuse les meilleurs moments de la journée précédente.

Et enfin, quand on se présente au guichet, c’est comme si on entrait dans le stade – des dizaines et des dizaines de drapeaux flottent au dessus de nos têtes!

Bon, par contre, ce n’est pas à la banque qu’il faut aller pour changer sa monnaie ! Il n’y a personne aux guichets – il semble que le staff est déjà sur la route de l’Eden Park !

jeudi 22 septembre 2011

Poissons, paradis et Rougerie

Ceux qui connaissent mes habitudes alimentaires risquent d’être surpris, mais en ce moment, je suis très « poissons ». Je suis prêt à rouler des kilomètres et des kilomètres pour manger un bon poisson !
Hier, n’ayant rien prévu avant le match, j’ai décidé de quitter Whangarei pour le déjeuner (Whangarei représente le centre économique et industriel de la région mais n’a pas d’intérêt particulier). J’ai donc longé la côte, en remontant vers le nord. Je me suis arrêté à Tutukaka, un charmant petit port de plaisance et de pêcheurs. Malheureusement, au restaurant du coin, ils n’avaient plus de poisson du jour (j’étais parti trop tard de Whangarei).
Port de Tutukaka

Alors j’ai repris la voiture, et continué à rouler vers le nord… Je suis arrivé à Matapouri, un petit village divinement beau. Le problème, c’est que le village était tellement petit qu’il n’y avait pas le moindre café ! J’avais tellement faim que je ne suis pas resté – et pourtant la plage invitait au jogging et à la baignade ! (bon, vu qu’on sort tout juste de l’hiver ici, j’aurais peut-être couru un peu, mais pas moyen de mettre les pieds dans l’eau !).
Plage de Matapouri

J’ai donc poursuivi ma route, toujours vers le nord, jusqu’à ce que j’atteigne ce que j’appelle le paradis. Whale Bay en anglais. Là, inutile de vous préciser que, si j’avais toujours voulu un poison, j’aurais dû aller me le pêcher moi-même !
Il n’y avait strictement rien, juste une plage, sublime, accessible après une petite marche d’une dizaine de minutes à travers le bush. Du sable fin et doré, de l’eau turquoise, des arbres ancestraux qui protégeaient du soleil, et puis, surtout, le cale ; le calme absolu… Le paradis je vous dis ! Je suis resté un bon moment allongé sur cette plage à rêvasser (je me sentais tellement bien que je voyais tous les Français marquer des essais – même Rougerie !).
Plage de Whale Bay

Bon, si vous voulez savoir comment se finit cette histoire, eh bien c’est simple, j’ai fini par retourner à Whangarei pour manger mon poisson ! Il était déjà 16 heures, je n’avais pas vu passer la journée.

mercredi 21 septembre 2011

Tonga-Japon


Hier soir, j'ai donc assisté à la rencontre entre le Tonga et le Japon, au Northland Events Centre. Victoire du Tonga, 31-18, au terme d'un très beau match de rugby entre deux équipes qui ont produit beaucoup de jeu.
Le Tonga a démontré que sa défaite contre le Canada était un accident - c'est une équipe qui a un bon niveau et qui devrait poser des soucis au XV de France lors du dernier match de la poule A. Il faudra se méfier, car ce serait vraiment stupide de battre les All Blacks pour ensuite perdre contre Tonga !
Si Whangarei était endormie mardi, ce n'était vraiment pas le cas mercredi ! Des milliers de supporters ont pris possession des bars du centre ville, dans une ambiance très festive.
L'atmosphère dans le stade était vraiment particulière. Et quel beau stade ! Un paradoxe : c'est un stade à la fois très moderne (la tribune d'honneur a été construite récemment) et très champêtre en même temps ! En fait, il n'y a qu'une seule tribune avec des places assises. Sinon, faut se trouver un petit coin et s'assoir sur la butte... (petite note pour Guillaume : c'est là que les chaises apéro prennent tous leur sens ! J'en ai vu plusieurs et j'ai regretté de ne pas en avoir une à ce moment-là !). Les gens savourent le match en sirotant un petit verre de vin blanc (ici, on peut acheter du vin dans les buvettes des stades), c'est vraiment très agréable.
Bon, pour revenir au fameux France-Nouvelle Zélande, je viens de voir que l'encadrement des All Blacks a dévoilé la composition de leur équipe. Ils sortent l'artillerie lourde !
Voici la compo (avec le nombre de sélections entre parenthèses) :

1. Tony Woodcock (78)
2. Keven Mealamu (87)
3. Owen Franks (26)
4. Brad Thorn (54)
5. Sam Whitelock (20)
6. Jerome Kaino (43)
7. Richie McCaw – capitaine (99)
8. Adam Thomson (23)
9. Piri Weepu (51)
10. Daniel Carter (84)
11. Richard Kahui (14)
12. Ma'a Nonu (62)
13. Conrad Smith (50)
14. Cory Jane (28)
15. Israel Dagg (8)

Remplaçants :
16. Andrew Hore (57)
17. Ben Franks (12)
18. Ali Williams (68)
19. Anthony Boric (22)
20. Andy Ellis (22)
21. Colin Slade (7)
22. Sonny Bill Williams (9)

La petite surprise concerne l'absence de Mils Muliaina, mais pour avoir suivi les All Blacks jusqu'à présent, c'était prévisible. Les récentes performances du jeune Israel Dagg ont eu raison du vieux Mils. Autre fait notable, le jeune Sam Whitelock a poussé Ali Williams sur le banc.
Au passage, j'ai lu dans la presse ce matin que l'encadrement des All Blacks défend la sélection du XV de France ; pour eux, cette équipe est tout sauf une farce ! Ils se méfient réellement des Français ! A suivre...

La farce française à 450$ !



Incroyable ! Alors que j’écrivais dans mon post précédent que la presse néo-zélandaise avait épargné la France jusque là, voilà qu’on fait la Une du New Zealand Herald ! Voici le titre qui barrait la Une du journal : « La farce française à 450$ » ! Le sous-titre de l’article : « les fans paient beaucoup d’argent pour voir les All Blacks jouer une équipe B ».

L’article publié dans le quotidien national néo-zélandais va rendre fou de rage les supporters néo-zélandais et va pimenter à coup sûr les discussions d'avant-match.

A l’origine du brûlot, un Britannique évidemment. Le journaliste Peter Bills est allé écrire que la France alignait une équipe B pour affronter les All Blacks, et que c’était une insulte envers les 60 000 fans qui avaient acheté un billet – parfois jusqu’à 450$ néo-zélandais – pour assister à une vraie rencontre de rugby, entre deux équipes au sommet de leur forme.

Peter Bills explique que les choix de Lièvremont indiquent clairement que la France ne veut pas gagner ce match, afin de bénéficier d’un tableau plus facile par la suite. Bills, qui manifestement n’a pas suivi les dernières performances du quinze de France, ne comprend pas les choix « bizarres » du coach, qui d’ordinaire ne prend « jamais de risques avec sa sélection ». Quiconque suit un minimum le rugby français trouverait les propos de Peter Bills aberrant.

Certes, on peut s’étonner de la présence de Morgan Parra à l’ouverture, mais ce choix est justifié par les prestations décevantes du titulaire habituel, François Trinh-Duc, auxquelles s’ajoute le forfait sur blessure du n°10 remplaçant, David Skréla. Appelé pour pallier au forfait de Skréla, le jeune Doussain (20 ans, 0 sélection) vient tout juste de débarquer en Nouvelle-Zélande. Parra s’impose ainsi comme un choix par défaut, mais également comme une alternative crédible (ouvreur de formation, il a récemment tenu ce rôle de façon positive en fin de match face au Japon et au Canada).

Bills ne comprend pas pourquoi Servat et Harinordoquy ne sont que remplaçants. D’une part, Servat, qui tarde à retrouver sa forme suite à une longue blessure, aurait du mal à tenir 50 minutes face aux Blacks ; d’autre part, Harinordoquy cède sa place afin que la troisième ligne soit complémentaire. En titularisant Picamoles, qui a mérité sa place de n°8 après sa grosse performance face au Canada, Lièvremont se voit plus ou moins contraint d’aligner Bonnaire, dont les qualités de plaqueur/sauteur en touche sont complémentaires à la puissance de perforation de Picamoles. En outre, pour avoir une chance face aux Blacks, il est nécessaire d’avoir un banc de touche de qualité – et le fait d’avoir Servat et Harinordoquy sur le banc est quelque chose de très rassurant.

Bills estime que Lièvremont a sélectionné une première ligne de seconds choix. La vérité, c’est que Lièvremont n’a pas vraiment eu le choix ! Mas blessé et Barcella trop juste physiquement, les deux piliers aptes à disputer une rencontre de ce niveau ne sont autres que Poux et Ducalcon. Quant à Szarzewski, il serait à mon avis titulaire dans bon nombre d’équipes nationales.
A côté de Lionel Nallet en deuxième ligne, la concurrence est rude. Pascal Papé, au vu de ses dernières performances, méritait d’être revu à un poste où Millo-Chluski est tout sauf un titulaire indiscutable.

Tous les autres joueurs sélectionnés font partie de l’équipe type, mis à part peut-être Damien Traille : Dusautoir (capitaine), Nallet, Yachvili, Médard, Mermoz, Rougerie, Clerc… tous les véritables leaders de l’équipe seront bien présents !

Le choix d’aligner Traille en n°15 doit être considéré comme une option tactique – son profile en tant qu’arrière étant totalement opposé à celui de Cédric Heymans (qui est tout de même remplaçant, si les circonstances nous obligent à changer de jeu en cours de match).
Le banc des remplaçants (dont Peter Bills étrangement ne parle pas) est de classe mondiale : Servat, Barcella, Pierre, Harinordoquy, Trinh-Duc, Estebanez et Heymans. Quand on sait que le rugby se joue désormais à 22 et non plus à 15, on ne peut que se réjouir d’avoir un banc aussi bien fourni !

Heureusement, les propos de Peter Bills (relayé par Nicholas Jones dans le New Zealand Herald) ne sont pas partagés par tout le monde. Invité sur un plateau de télé, Andrew Mehrtens, l’ancien demi d’ouverture des All Blacks, ne trouvait pas bizarre de voir Parra en 10. Il disait qu’avoir un n°10 inexpérimenté ne devrait pas être un problème insurmontable pour le XV de France, dans la mesure où traditionnellement en France, les clés du jeu sont confiées au demi de mêlée, et non pas au demi d’ouverture. Mehrtens citait ainsi les grands n°9 de l’histoire du XV de France, véritables chefs de meute sur le terrain : Jacques Fouroux, Pierre Berbizier, Fabien Galthié… Il me semble que Mehrtens n’a pas tort.

Le gars invité aux côtés de Mehrtens (un ancien joueur, mais je ne sais pas qui c’était) disait que la France serait alors deux fois plus dangereuses, car elle aurait deux n°9 !

Richard Loe, un ancien pilier des All Blacks, anime quant à lui une émission de radio, et peu à la façon de Moscato. Richard Loe disait lui que cette équipe de France allait être très difficile à battre.

Peut-être bien qu’on prendra une raclée face aux Blacks, mais on ne peut pas reprocher à Lièvremont d’avoir aligné une équipe B. Une grosse défaite mettrait avant tout en évidence les limites actuelles du rugby français et du sélectionneur national. Mais en alignant une telle équipe, il semble bien qu’il se donne une chance de vaincre les All Blacks samedi prochain.

Le problème, c’est que l’article de Peter Bills ne va faire qu’irriter une fois de plus le peuple néo-zélandais, auquel il en faut peu pour râler contre les Français ! Hier soir, Jordan, un Maori du coin rencontré dans un bar de Whangarei, me disait : « samedi, on va vous écraser ! Parce que les Français, on en a marre ! Ils nous ont déjà coulés deux fois les All Blacks en Coupe du Monde, et ils nous ont coulé le Rainbow Warrior ! Alors là, ça suffit hein ?! ».

mardi 20 septembre 2011

Whangarei la tranquille

L'image du jour : Whangarei, loin de l'effervescence de la Coupe du Monde

Je me trouve désormais à Whangarei, la capitale économique de la région du Northland, après avoir passé une nuit dans un motel de Rotorua (lundi soir).

C'est à Whangarei qu'aura lieu ce soir la rencontre entre le Tonga et le Japon (19h30 heure locale, soit 9h30 du matin en France).

Je suis descendu au « Grand Hotel », un hôtel qui n’a de grand que le nom. En fait, comme l’explique fièrement la brochure dans la chambre, l’hôtel porte ce nom depuis que la Reine d’Angleterre Elisabeth II y a séjourné en 1953. Malheureusement, il me semble qu’ils n’ont touché à rien depuis, tant l’hôtel fait vieillot. On se croirait dans les années 60 : la literie, la tapisserie, la déco, la télévision… Je suis sûr que rien n’a changé, pas même le personnel ! Vous pouvez voir ci-dessous à quoi ressemble le Grand Hotel.

Au moins, j’ai une chambre, ce qui n’était pas gagné d’avance. J’ai tourné des heures en ville avant de pouvoir trouver une chambre de disponible, à cause du match de coupe du monde.

Par contre, on est loin, très loin de l’engouement qu’il y avait dans d’autres villes provinciales telles que New Plymouth pour Irlande-USA ou Napier pour France-Canada !

Hier soir, la ville était particulièrement calme ; on n’aurait pas imaginé qu’un match de la coupe du monde de rugby allait être disputé le lendemain. Ça tranche avec Napier par exemple, où tous les bars étaient archi-bondés la veille du match – les chansons paillardes avaient retenties jusqu’au petit matin. A New Plymouth, toute une partie de Devon street (la rue principale) était aux couleurs de l’Irlande, l’autre partie était aux couleurs des Etats-Unis. L’excitation était palpable – il n’y avait qu’à parler à n’importe quel commerçant.

Ici, donc, c’est très calme. Et pourtant, le match va se jouer à guichets fermés ! Le problème vient peut-être de l’affiche : les supporters japonais ne sont certainement pas les plus fêtards – on les voit dans les restaurants japonais vers 18h, et sitôt leur repas englouti, ils disparaissent. Les supporters du Tonga, quant à eux, feront probablement l’aller-retour depuis Auckland dans la journée. Whangarei n’est qu’à 2 heures de route d’Auckland, où réside la plus importante communauté de « Pacific Islanders » (Tonga, Samoa, Fidji et autres îles du Pacifique) au monde.

Ce match va être intéressant : on va voir si le Tonga s’est remis de sa défaite cruciale contre le Canada – n’oublions pas que le Tonga fera son dernier match contre la France, et qu’ils auront probablement à cœur de sauver l’honneur devant leurs milliers de supporters. D’autre part, le Japon espère toujours finir 3e de la poule, ce qui le qualifierait directement pour la prochaine coupe du monde. Pour ce faire, ils devront battre le Tonga puis le Canada.

Un bon match en perspective donc, entre Tonga et Japon, deux valeurs montantes du rugby mondial !

Lu dans la presse : et ils sont où les Français ?

Depuis que je suis arrivé en Nouvelle-Zélande, j’ai remarqué que les médias locaux ne parlent pas trop de l’équipe de France. Pour l'instant, les journaux s’intéressent principalement aux All Blacks évidemment (quelle équipe type ?), mais aussi à l’Irlande (suite à son succès inattendu face à l’Australie), à l’Angleterre (en raison du scandale Mike Tindall), et à l’Australie (parce que les gens ici détestent les Wallabies et se régalent à lire tous les déboires de cette équipe-là). De nombreux articles concernent également les Samoa, Fidji et Tonga (en raison du nombre impressionnant de ressortissants de ces pays-là qui vivent en Nouvelle-Zélande), ainsi que le Japon, le Pays de Galles et le Canada (car ces équipes-là ont à leur tête un sélectionneur néo-zélandais).

On n’en sait pas trop sur cette équipe de France. J'ai l'impression que les gens ne veulent pas savoir. Les Néo-Zélandais ont compris qu’il ne servait à rien d’analyser les matchs de l’équipe de France. Le XV de France a beau être d’une médiocrité aberrante contre des équipes réputées plus faibles (victoires laborieuses contre le Japon et le Canada), et d’une nullité sidérante lors de certains tests matchs contre les équipes de l’hémisphère sud (pour rappel, l’Australie avait gagné à Paris 59 à 10 en novembre dernier), il peut facilement se transcender sur un match, quel que soit l’adversaire, quelles que soient les conditions, quels que soient les joueurs en place. Les Kiwis redoutent vraiment cette équipe de France, qui les a déjà sortis deux fois de la coupe du monde, contre toute attente (demi-finale en 1999, quart de finale en 2007). Ils tiennent en haute estime le XV de France ; espérons que notre vaillante équipe sera à la hauteur de sa réputation samedi prochain à l’Eden Park d’Auckland !

Bon, et pour finir, voici quelques lignes qui peuvent intéresser les lectrices de ce blog ! Le New Zealand Herald a publié la liste des 10 rugbymen les plus sexy, une liste faite par le New Zealand Woman’s Weekly. Avant d’en dire plus, il faut savoir que les rédactrices du Woman’s Weekly avaient éliminé d’office tous les barbus (dommage pour les Canadiens), et tous ceux qui portent un casque.

C’est un Gallois, Mike Phillips (n°9 du Pays de Galles), qui arrive en première position.

Un joueur français fait partie de la liste, sur le podium qui plus est ! Le capitaine Thierry Dusautoir est ainsi 2e, le journal expliquant qu’il est à la fois doux en dehors du terrain, féroce sur le terrain, et intelligent, ayant obtenu un diplôme d’ingénieur en électro-chimie.

Le premier All Black est 3e (l’ailier Richard Kahui), suivi par Sonny Bill Williams (qui a provoqué l’hystérie des supportrices lorsqu’il a changé son maillot pendant le match face au Japon) – Richie McCaw est quant à lui 10e de ce classement, un classement où n’apparait pas Dan Carter.

On trouve également un Canadien non-barbu (Ed Fairhurst, 5e), un Samoan (Kahn Fotuali’i, 6e), un Anglais (Ben Foden, 7e), un Ecossais (Max Evans, 8e) et un Italien (Gonzalo Canale, 9e). Votre avis ?

lundi 19 septembre 2011

Te Urewa National Park

Images du jour : somptueuses beautés naturelles de la Nouvelle-Zélande

Après un week-end bien arrosé à Napier, j’ai décidé d’aller me ressourcer dans le Te Urewa National Park.

Un endroit méconnu de la Nouvelle-Zélande, et pourtant absolument époustouflant !

Je me suis fait une petite randonnée près du lac Waikaremoana ; c’était extraordinaire. Une forêt dense, des chutes d’eau impressionnantes, un lac mystique, des rivières puissantes. Pas un bruit, si ce n’étaient le chant des oiseaux et le murmure du vent qui soufflait entre les arbres millénaires.

J’étais en pleine communion avec la nature, et pour une fois, il n’y avait pas le moindre touriste pour venir perturber la quiétude des lieux. D’ailleurs, il me semble bien que j’étais le seul touriste à Te Urewa en ce lundi matin !

Il faut dire aussi que le lac est difficilement accessible (seules deux routes permettent d’y accéder) : si l’on vient de Rotorua, il faut suivre une route très sinueuse – une simple piste en terre sur la plupart du trajet – et ce pendant plus de 150 kilomètres. En provenance de Wairoa (une ville totalement isolée sur la côte Est – je venais de là après avoir quitté Napier), il fallait compter environ 75 kilomètres, dont une grande portion sur une piste en terre.

La route est donc difficile, mais elle valait la peine d’être faîte ! Le lieu est magique ; dans un récent numéro du magazine A/R, on pouvait lire que « Te Urewera donne une idée de ce à quoi la Nouvelle-Zélande devait ressembler avant l’arrivée des Maoris en 1050 ». Je veux bien le croire !

Ce Parc National est loin d’attirer le tourisme de masse : il n’y a pas un hôtel, pas une station service, pas un restaurant, pas même une baraque à sandwichs dans les 100 kilomètres alentours ! Il y a seulement une petite cabane qui fait office de « Tourisme Information Centre » et dans laquelle on peut trouver deux ou trois plans de randonnées et trois ou quatre cartes postales.

En quittant le lac, en direction de Rotorua, on passe à travers des petits hameaux éparpillés sur les flancs de colline. C’est ici que vivent les descendants des Tuhoe, une redoutable tribu de guerriers maoris qui serait née de l’union entre Hine-Pukohe-Rangi (la Fille de la Brume) et Te Maunga (la Montagne).

Sur la piste en terre, en remontant vers Rotorua, j’ai failli tomber en panne d’essence. Il n’y avait pas la moindre habitation à l’horizon et en plus il commençait à tomber des trombes d’eau. Heureusement que ma voiture a tenu bon, sinon j’ai bien peur que personne ne m’aurait retrouvé avant mille ans !